Le coronavirus est une tragédie humaine. Mais au cœur de l’obscurité, on a vu surgir des signes d’espérance. Ceux-ci sont salutaires, car le « monde d’avant » avait de quoi inquiéter – fondamentalement, il était condamné à crasher. Le coronavirus n’a pas fait disparaître ce monde-là. Mais il a ouvert des brèches. Aujourd’hui, on se rappelle l’importance de l’État social, la nécessité de ceux qui prennent soin, la beauté de la solidarité citoyenne, mais aussi notre interdépendance et notre fragilité. Des choses que nous avions peut-être oubliées… Comment s’appuyer sur ces redécouvertes ? Comment en faire les socles d’une société meilleure ? Voilà quelques-unes des questions que nous explorons dans ce numéro.
Corona : Les germes d’un monde meilleur ?
édito
en bref
Publications de la revue
Pascal Chabot : « Construire une transition juste, pas une césure absurde »
À quoi ressemblera le monde d’après ? Y aura-t-il seulement un monde d’après ? Comment une société change-t-elle ? Et faut-il vraiment que la société change ? Ces questions, c’est à un philosophe que nous avons voulu les poser. Pascal Chabot est chargé de cours à l’Institut des hautes études des communications sociales (IHECS)[…]
La crise du corona ou la revanche de l’État
Cela restera l’une des images de la crise. Devant un décor grisâtre, entourée de quelques hommes à la mine sévère, Sophie trône. Ce jeudi 12 mars 2020, près de 1,3 millions de Belges francophones suivent la conférence de presse organisée dans la foulée du Conseil national de sécurité[…]
Daniel : « Le Marché a montré ses limites »
Mon épouse et moi faisons partie des privilégiés qui n’ont pas eu à souffrir directement de la Covid. Personne, dans notre entourage proche ou parmi nos amis, n’a été touché par la maladie, et nos revenus n’ont pas été impactés[…]
Plan Sophia: le germe d’une société plus humaine et plus écologique
Plongés dans la pandémie, nous vivons des expériences inédites et des temps incertains. Nous sommes pris par les souffrances et les émotions. On meurt, on voit mourir, on vit, on essaie de rester en vie, on essaie de donner du sens à la vie, à nos vies[…]
Griet : « Ce que le confinement m’a apporté de bon… »
Je travaille pour le JRS Belgium comme visiteuse dans le centre fermé pour « illégaux » de Bruges. Au début de l’année, j’ai suivi avec intérêt les informations sur le coronavirus. D’abord avec scepticisme. Puis, quand j’ai vu ce qui se passait en Italie, avec un grand étonnement[…]
Jeunes et vieux face à la Covid : vers plus de solidarité
La situation que nous vivons revêt un caractère extraordinaire dont l’ampleur a pu sembler difficile à mesurer, surtout aux débuts de la pandémie. Le confinement a été une épreuve inédite, parfois pénible à accepter mais surtout difficile à traverser. Il s’avère néanmoins indéniable que deux générations (que tout oppose) ont subi ou vont être amenées à subir des dommages majeurs[…]
La crise sanitaire et le(s) sens du soin
Qui aurait pensé, il y a quelques mois à peine, que nous aurions toutes et tous à vivre ce que nous avons vécu ? Dans le domaine des soins de santé, nous avions déjà bien des soucis depuis quelques années : un malaise grandissant chez les professionnels, des problèmes structurels de financement et d’organisation, des ruptures marquées entre les situations urbaines et les situations rurales[…]
Diana : « L’élan a déjà été abandonné »
En raison de mon métier d’infirmière, je n’ai pas vécu le confinement de la même manière que la majorité des gens. Contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient penser, le plus difficile ne fut pas pour moi le travail en tant que tel. Nous avons l’habitude d’être confrontés à des cas graves et à la nécessité de prendre des décisions importantes en quelques instants[…]
Fragilité, deuil et naissances
Bien sûr, le confinement est venu le surprendre. L’a bousculé. À toute vitesse, il a dû modifier ses plans. Pas évident : la programmation du Prieuré de Malèves-Sainte-Marie, ce lieu qui l’inspire et qu’il fait vivre, s’annonçait alléchante[…]