Le terme « éducation » nous vient du latin educare (élever, instruire), dérivé de educere (faire sortir, conduire à). S’il est globalement acquis aujourd’hui qu’éduquer ne signifie pas (plus) « dresser », « mener à la baguette » ou « (se) conformer », il ne demeure pas simple d’adopter la juste posture pour (s’) élever, conduire l’autre (et, par là, se conduire également soi-même) sur le chemin de l’éveil, de l’apprentissage, de l’autonomie, de la croissance intérieure, de l’ouverture, de l’accomplissement, du déploiement… bref de l’émancipation. Trouver la bonne approche, adaptée aux enjeux d’un monde en évolution, demande souvent de changer de regard, de perspective, de méthode… avec humilité et courage. Pas simple, au niveau personnel, qu’on soit enseignant, parent, animateur, responsable d’équipe… Plus difficile encore, au niveau collectif et structurel, qu’on pense à l’École, l’Université, la Famille, l’Entreprise, l’État, la Société… Et pourtant, les bouleversements écologiques profonds de ce 21e siècle appellent au changement radical, à la métamorphose. Comment, dès lors, (se) former pour transformer ? C’est notamment à cette question complexe que le dossier au cœur de ce numéro d’En Question propose de s’atteler. Cet édito est l’occasion de remercier les enseignant.es et, plus largement, les acteurs et actrices du monde de l’éducation. Bien qu’il soit insuffisamment valorisé par notre société, vous savez que vous exercez « le plus beau métier du monde ». Cet édito est aussi l’occasion d’inviter, chacune et chacun de nous, où que nous soyons, à endosser ce rôle actif et engagé d’éducatrice ou d’éducateur, pour prendre part à la métamorphose dont notre société a besoin. Avec nos enfants, nos parents, nos familles, nos proches, nos collègues, les autres, et en particulier les plus vulnérables de nos communautés et de nos sociétés, nous pouvons favoriser l’émancipation. Dans nos lieux de vie, d’ancrage et d’engagement, nous pouvons favoriser la transformation. Comme le dit d’une belle manière le pape François, « l’éducation est toujours un acte d’espérance qui, depuis le présent, regarde vers le futur ».
- En Question n° 146
- edito
Le plus beau métier du monde
- Simon-Pierre de Montpellier, rédacteur en chef de la revue En Question.
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