Que ce soit lors de la déclaration de politique générale 2017 de notre Gouvernement – dont les associations ont relevé le caractère d’atteinte aux droits des femmes[1] –, à l’occasion des récentes élections américaines – durant lesquelles le candidat Donald Trump a tenu de manière récurrente des propos misogynes –, ou encore dans des remarques relevant d’un « sexisme ordinaire »[2], des femmes doivent quotidiennement (sup)porter le poids d’un patriarcat bien ancré (n’est-ce pas ce que trahit à elle seule cette expression de notre langue française, « le masculin l’emporte » ?). Aussi posons-nous, dans ce dossier, la question suivante : à quels défis les femmes font-elles encore face en ce début de 21e siècle ? Pour y répondre, nous donnons la parole à six femmes qui dénoncent des inégalités bien existantes et revendiquent par là leur liberté à dire et choisir qui elles sont, sans discrimination. Dans un premier article, Cécile De Wandeler revient pour nous sur la campagne 2014 de Vie Féminine en introduisant à la question du droit des femmes en Belgique francophone. Les deux articles suivants soutiennent la compatibilité entre foi et engagement féministe : Elisabeth Garant, au départ du cas précis du Québec, rappelle que la reconnaissance des femmes dans l’Église catholique est une lutte actuelle et constante ; Ouardia Derriche et Seyma Gelen portent quant à elles la voix de nombreuses citoyennes féministes et musulmanes dans un texte engagé pour la reconnaissance d’un féminisme pluriel. Dans un quatrième article, Sophie Heine, tout en dénonçant les préjugés genrés et sexistes, nous invite à les dépasser afin d’arriver à égale liberté pour tous. Enfin, Claudine Drion nous livre des pistes concrètes pour comprendre et agir sur les inégalités hommes/femmes toujours persistantes. La proposition de ce dossier est sous-tendue par deux idées que nous défendons. D’abord, et comme le souligne le titre choisi, le mouvement des femmes est riche de sa diversité, une diversité à préserver : face aux défis qui leurs sont posés, des femmes ont répondu et répondent toujours de manière spécifique à chaque contexte et à chaque époque, donnant corps à de réels « féminismes pluriels »[3]. Ensuite, il n’est jamais superflu de rappeler que les actrices dont nous relayons la parole portent un projet émancipateur pour tous : il engage à se libérer de normes stéréotypées basées sur le sexe tout aussi discriminantes pour les hommes. En amont du dossier, Philippe Destatte pose une importante question d’actualité pour notre pays suite à la fermeture de Caterpillar à Gosselies : quel est l’avenir du tissu industriel wallon ? L’auteur mise sur les capacités d’innovation de nos entreprises autant que sur le dialogue entre tous les acteurs du secteur. Dans la rubrique décryptage, Jean Marie Faux nous livre quant à lui, et partant de la récente élection du candidat Donald Trump aux États-Unis, une analyse de nos systèmes démocratiques. Leur perpétuation, affirme le texte sans détours, dépendra de notre capacité d’engagement au sein de mouvements sociaux émergents partout dans le monde, seule alternative durablement démocratique aux illusoires et dangereux populismes. [1] Voir le communiqué de presse de Vie féminine et des Femmes prévoyantes socialiste, le 19/10/2016. [2] « Le sexisme ordinaire, ce sont des stéréotypes et des représentations collectives qui se traduisent par des mots, des gestes, des comportements ou des actes qui excluent, marginalisent ou infériorisent les femmes ». http://www.sexismeordinaire.com/qu-est-ce-que-le-sexisme-ordinaire [3]Van Enis N., 2012, Féminismes pluriels, Bruxelles : Les Editions Aden.
- En Question n° 119
- edito
Le droit des femmes
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