Juin 2013. A mi-parcours de l’année européenne des citoyens, votre revue En question vous propose un dossier de quatre articles prenant différents angles d’approche qui permettent d’approfondir la réflexion sur la citoyenneté européenne. Le titre du dossier est porteur d’un double questionnement : quel engagement pour exercer activement la condition de citoyen européen d’une part, et d’autre part, quel engagement de la part de l’Europe – et de notre part à nous – pour assurer la participation citoyenne de toutes et tous – en particulier des laissés-pour-compte de la société ? C’est vrai, pour faire vivre la démocratie, chacun(e) est appelé(e) à l’exercice effectif et dynamique de sa condition de citoyen : assumer sa responsabilité démocratique, faire valoir ses droits, remplir ses devoirs. C’est aussi s’informer – et sans doute aussi se former – pour être à même de prendre position. C’est dialoguer avec les personnes qui n’ont pas la même vision du monde et de l’être humain. C’est poser des choix éclairés en ayant toujours la ferme volonté d’agir pour le Bien commun. Cet appel demande une réponse et un engagement de notre part. Cependant, il reste que les conditions permettant l’exercice de la citoyenneté doivent être assurées. Dans cette perspective, on ne peut faire l’économie d’un débat public sur ce qui creuse encore et toujours davantage les inégalités socio-économiques, lesquelles ne nous mettent pas toutes et tous sur un pied d’égalité face à la participation citoyenne. Aussi, dès lors que le politique est vidé de son sens et subordonné aux intérêts économiques et financiers, il apparait incapable de répondre aux défis de notre temps. Difficile de ne pas être tenté par un sentiment d’impuissance et de découragement. Refusons donc de nous laisser cantonner dans un rôle de clients-consommateurs dociles et passifs et crions notre désir d’élaborer ensemble un projet de société qui ne soit pas aveuglé par des logiques de court-terme et qui vise le développement de tous les hommes et de tout l’homme (Paul VI). L’engouement pour le projet New B (voir carte de visite, p.30) révèle que ce désir est partagé par beaucoup. Le politique entend-il notre cri ? Comme citoyens européens, exprimons notre désir de redonner du sens au projet européen. L’Europe ne peut se limiter à être un grand marché de libre-échange pris dans la logique de mondialisation néolibérale : nous voulons une union politique, nous voulons faire vivre cet espace comme un lieu de solidarité – les Grecs sont nos concitoyens. La vocation de l’Europe est d’être solidaire des peuples du monde entier. Juin 2014. Les échéances électorales paraissent peut-être encore loin. N’attendons pas les urnes pour faire entendre notre voix !
- En Question n° 105
- edito
L’année européenne des citoyens
- Claire Brandeleer, chargée d’analyse et d’animation au Centre Avec.
3 min