Au fond, nous recherchons tous plus ou moins la même chose : le bonheur. Le nôtre, bien sûr. Mais aussi celui de nos proches. Sans doute sentons-nous toutefois, ne fût-ce que confusément, que notre bonheur ne saurait être pleinement atteint sans que celui d’autres, plus lointains, le soit aussi. Alors, nous nous engageons pour des bonnes causes. Nous soutenons les enfants érythréens, nous accueillons des migrants, nous nous préoccupons des générations futures… Mais l’expérience peut s’avérer décourageante. Car plus nous donnons, plus nous percevons les besoins. Inassouvis. Et les cris. Trop peu entendus. Bien souvent, il nous arrive même de goûter la frustration, la déception, l’impuissance. Est-ce pour accroître ce sentiment de découragement que nous signons ce dossier ? Certainement pas ! Bien sûr, en vous emmenant aux marges de la société, nous mettons le doigt sur de nouvelles injustices. À dénoncer. L’existence de ces « bas-côtés », la pauvreté dans laquelle tant de personnes vivent en 2018 demeurent un scandale, et une insulte à notre intelligence. Elles sont aussi des interpellations adressées au cœur de chacun, qu’il soit « simple » citoyen, mandataire politique, responsable économique… C’est sous un angle neuf que nous abordons ici les choses. En rappelant que ces personnes qui vivent dans la misère n’ont pas seulement soif d’eau, mais également d’être reconnues. Et en montrant qu’elles ne sont pas seulement habitées par la soif ; elles sont aussi riches d’un trésor. Leur offrir à boire ? Donner, c’est d’abord rencontrer. Et rencontrer, c’est d’abord écouter. Leurs peurs, leurs aspirations, leurs doutes. Mais aussi leur force, leurs convictions, leur foi. Alors, nous pourrons aussi nous émerveiller. Nous laisser toucher. Transformer. Convertir. Lorsque donner revient bel et bien à rencontrer, donner devient aussi recevoir. En ce temps de Noël, d’une manière toute particulière, nous vous souhaitons de donner et de recevoir. Et de faire de belles rencontres.
- En Question n° 127
- edito
Donner, c’est aussi recevoir
- Vincent Delcorps, docteur en histoire et journaliste, directeur de la rédaction chez CathoBel. Il est aussi professeur invité à l’UCL et à l’IHECS.
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