En cette fin d’année, nous pouvons nous sentir un peu envahis par les invitations toujours plus nombreuses à dépenser et à consommer. Comment expliquer que des moments que nous voulions surtout conviviaux se transforment, presque malgré nous, en courses aux cadeaux et en surabondance de nourriture ? Ne peut-on pas prendre soin de nos proches, chouchouter nos enfants, offrir des instants joyeux à nos amis, autrement ? Pourquoi ne pas voir cette fin d’année comme une opportunité d’investir… dans ce qui compte ? Et si une façon de redonner sens à nos fêtes consistait à les placer sous le sceau de l’engagement ! Saisissons l’opportunité d’intégrer ces moments festifs dans une perspective plus large. Que chacun de nos gestes soit posé comme une façon de prendre soin du monde, et de le rendre plus juste. Finançons des projets solidaires en achetant nos cadeaux à des associations, des entreprises sociales, dans des marchés solidaires ou des magasins équitables. Achetons aussi durable : bio, local, de saison. Alors que ce numéro met à l’honneur les coopératives, réfléchissons au modèle économique dans lequel nous investissons sans toujours nous en apercevoir. Oui, il est possible de prendre soin de ses proches sans que cela pèse sur la nature ou sur les plus pauvres. Il est possible que nos cadeaux, nos repas, nos conversations – toutes ces marques d’amour envers nos familles et amis – soient aussi des gestes d’amour envers les générations futures, les migrants et tous ceux qui souffrent du manque de justice sociale. Cet hiver, élargissons les frontières de nos bons sentiments. Pour les chrétiens, Noël est aussi la fête de la naissance de Jésus, ce nouveau-né qui faute de place n’a disposé que d’une grotte pour venir au monde. Je nous souhaite de nous préoccuper de nos esprits, de nos cœurs et de nos existences pour qu’ils ressemblent davantage à des grottes accueillantes qu’aux hôtels bondés de Bethléem. Je nous souhaite de faire suffisamment de place dans nos vies pour ce qui compte vraiment !
- En Question n° 123
- edito
C’est le moment d’investir !
- Emeline De Bouver, docteur en sociologie politique, chercheure associée au CriDIS et à la Chaire Hoover (UCL). Anciennement chargée d’étude et d’animation au Centre Avec, elle est aujourd’hui chargée de projet en éducation permanente à la Fucid.
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