Dans un bar, une assoc’, sur le pas de votre porte, sur votre page Facebook… Au cours des semaines qui ont précédé les récentes élections, c’est de bien des manières que vous avez eu l’occasion de croiser des candidats. D’échanger avec eux, de contester leurs propositions, de vous laisser séduire… Ou, au contraire, de les ignorer, trop pressés. De jeter leurs tracts sans même les regarder. Si la campagne électorale est une période exaltante, c’est évidemment en raison de l’intérêt des questions débattues et de la mobilisation citoyenne. Mais c’est aussi grâce à l’engagement des candidats ! Durant des mois, discrètement, ces hommes et ces femmes ont mûri leur décision, consulté quelques proches, participé à des discussions internes. Puis, ils se sont lancés – 72% des candidats francophones pour la première fois. Soudainement, en exposant leur visage sur des vitres, ces « citoyens » sont devenus « politiques ». Et se sont transformés en cibles. Courageusement, ils ont imprimé leurs tracts, réalisé leurs clips, masqué leur trac. Ils ont tenté de répondre aux questions, aux critiques, aux contradictions. Ont offert de leur temps, de leur argent. Durant d’interminables journées, ils ont manqué à leurs amis, leurs conjoints, leurs enfants. Parce qu’ils trainaient dans des bars, des assoc’, sur le pas de votre porte ou sur votre page Facebook. Leurs motivations ? Elles sont diverses, bien sûr. Nombreux sont ceux qui veulent changer le monde – ou, à tout le moins, un petit bout de celui-ci. Certains désirent réellement se mettre au service de leurs concitoyens et du bien commun. Bien sûr, certains veulent faire « comme papa », devenir une célébrité, trouver un emploi… L’origine de l’engagement ne détermine pas toujours la qualité de celui-ci. En cette période de défiance politique, il convient de saluer le courage de ces hommes et de ces femmes, ferments de la démocratie. De les encourager. De les contrôler aussi. Tout au long des cinq années qui viennent. Et si, au terme de la législature, nous nous estimons déçus de nos élus, rien ne nous empêchera d’en choisir d’autres. Ou mieux : de nous présenter nous-mêmes.
- En Question n° 129
- edito
Aux ferments de la démocratie
- Vincent Delcorps, docteur en histoire et journaliste, directeur de la rédaction chez CathoBel. Il est aussi professeur invité à l’UCL et à l’IHECS.
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