Deux années après l’inauguration de la nouvelle méga-prison de Haren (Bruxelles), la revue En Question interroge le système pénitentiaire : Quel est le sens de la prison, à quoi sert la peine ? Est-elle efficace, au regard des missions que la société lui confie ? Quels impacts a l’enfermement, quelles violences engendre-t-il ? Permet-il de faire justice, de prendre en compte les besoins des victimes ? Quelles sont les alternatives à la détention ? Que nous enseignent les expériences de justice restauratrice ? Une société pourrait-elle se passer des prisons ? Autant de questions fondamentales qui sont approfondies dans ce 150e numéro de votre revue de sens et d’engagement.
La prison fait-elle justice ?
édito
en bref
Publications de la revue
La prison : un mal pour un bien ?
Supposée être l’ultime recours de l’arsenal pénal, la prison s’est pourtant hissée au rang de peine de référence, au point de réduire les autres peines disponibles par la loi à de simples « alternatives »[…]
La prison, un grand corps malade
J’écris d’un monde parallèle. Pas d’un autre monde lointain. Non, d’un monde tout contre le nôtre. D’un monde où je vais et viens depuis plus de dix ans. D’abord comme visiteuse de prison, puis comme « commissaire de surveillance », appellation barbare pour une fonction cruciale : surveiller les conditions de détention et le respect de la dignité des détenus[…]
Que faire d’une prison ?
Que faire d’une prison ? La question se pose quand on en est le directeur. Que faire de cette institution dont une des particularités est que, à part une infime minorité des membres du personnel , l’ensemble de celui-ci, comme la totalité de ses « bénéficiaires », ne souhaitent pas y être ?
Un « plan de bataille », pour donner du sens à la peine
Au cœur de ce dossier, nous avons voulu donner la parole à une personne qui a connu l’enfermement. Grâce à Christine Deltour, nous avons pris contact avec un ancien détenu qu’elle a accompagné dans son travail d’aumônière en prison[…]
« La prison, c’est nous ! »
Ce 12 juillet, Bruxelles est écrasée par la pluie. Un ciel de plomb recouvre Haren. La chaleur de l’accueil que je reçois de mes trois hôtes, contraste avec la morosité de cette journée. Après les contrôles de sécurité, nous gravissons un escalier monumental qui mène aux différentes unités de la prison et à un bâtiment où sont regroupés plusieurs services[…]
La justice restauratrice : une pratique de niche qui vaut la peine ?
La justice restauratrice (ou restaurative) suscite un intérêt croissant. Récemment, le film Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry a largement contribué à la faire connaître auprès du public francophone. Ce film raconte des histoires entrecroisées où des délinquants, des victimes et des membres de la communauté se retrouvent dans des cercles de dialogue en milieu carcéral[…]
Quand la justice restauratrice transforme les parcours de vie
Du film « Je verrai toujours vos visages » de Jeanne Herry au nouveau Code de la Justice Communautaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) en passant par l’émission radio « Tendance Première » du 15 mai 2024, la « justice restauratrice » (ou « restaurative ») s’invite de plus en plus souvent dans l’espace public. Mais de quoi parle-t-on au juste ?
De la punition à la réparation : Pour une justice sans prison
Détresse psychologique, rupture des liens familiaux, perte de revenus et d’accès futur à l’emploi, stigmatisation, problèmes de santé physique et mentale, violences vécues en détention… Dénoncés dès la naissance de la prison moderne au 18e siècle, les effets délétères de l’enfermement sont une vieille litanie, qu’on se fatigue à réciter sans jamais atteindre l’exhaustivité[…]
Et si cela ne changeait jamais ?
Quand j’ai commencé comme aumônière, j’ai vite constaté la situation désastreuse des prisons dans lesquelles je travaillais. Ma formation de criminologue m’avait appris que tout cela était connu depuis longtemps. Les premiers mois en prison, j’avais la certitude que la situation allait bientôt changer tellement il était évident que rien n’allait et que tout le monde le savait. Lorsque je quitte mon travail douze ans plus tard, rien ne s’est amélioré[…]