Frédéric Rottier, directeur du Centre Avec.
Il existe des crimes pour lesquels l’Etat n’est pas à même d’organiser légitimement le jugement. Soit parce que l’horreur commise dépasse le cadre de l’Etat, soit parce que le processus judiciaire traditionnel n’est pas en mesure de restaurer l’humanité auprès des communautés locales qui ont subi un conflit dévastateur. Deux approches très différentes ont vu le jour ces 20 dernières années, la justice pénale internationale et la justice restauratrice. Nous avons besoin de l’une et de l’autre, mais l’une et l’autre sont fragiles et ont besoin de voix de soutien. Car, pour le dire avec les mots de Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la paix en 2018, « la justice est l’affaire de tout le monde ».