
Selon l’esprit de la collection « Passerelle », ce petit ouvrage entend partager avec un large public les fruits d’une recherche universitaire, — ici sur l’importance de la notion de « bien commun » — pour faire efficacement face aux crises de notre temps.
Laura Rizzerio rappelle que, dès l’antiquité grecque, des philosophes, tel Aristote, considèrent comme « bien » ce qui est partagé universellement par tous (le commun) et que, au Moyen Âge, Thomas d’Aquin « insiste sur l’importance des relations dans la construction de l’identité de chacun » – le bien commun se situant « dans ce lien qui unit les individus et leur permet d’évoluer ensemble » (21). Mais, à l’époque moderne, une autre conception de l’homme se manifeste : celle d’un « individu isolé et autonome, dépourvu de toute attente dans la relation et pour qui l’attention à autrui ne peut se concevoir que si elle vient satisfaire ses propres besoins et intérêts » – on parlera alors, non plus de « bien commun » mais d’« intérêt général », conçu comme « la somme des intérêts particuliers » (23).
Face aux crises de la société marquée par l’individualisme, la question du « commun » refait surface aux 19e et 20e siècles. Avec le pape Léon XIII, la « doctrine sociale » de l’Église catholique remet en évidence l’importance essentielle du bien commun qui doit être « la visée propre de chacun et en même temps celle de toute la société » : « s’assurer de la promotion de la personne et de ses droits fondamentaux », « équilibrer les intérêts de tous pour garantir la justice, la cohésion et l’unité sociale » (35). Ainsi, on prend conscience que les « biens communs », à savoir les ressources indispensables au bien vivre de chacun, « nécessitent une organisation collective et des règles spécifiques pour en garantir l’accès à tous » (40). L’économiste Elinor Ostrom (prix Nobel 2009) montre que les communautés sont capables de créer de telles règles qui, loin d’être figées, requièrent un ajustement régulier. L’autrice en rapporte des exemples de réalisation concrète.
Enfin, l’autrice souligne combien « le bien commun est berceau de la démocratie et du pluralisme » (65) et représente une solution face aux crises contemporaines.
Des pages à ruminer, inspirantes pour notre agir.