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  • En Question n° 149
  • recension
  • 11 juin 2024

Le capital que je ne suis pas ! Mettre l’économie et le numérique au service de l’avenir

Anne Alombert et Gaël Giraud – Fayard, 2024, 198 p. 
5 min 5

Paru au printemps 2024, Le capital que je ne suis pas est un contrepoint salutaire au très médiatisé Technopolitique, publié quelques semaines plus tôt, et qui fournit également une analyse des technologies contemporaines. Ce dernier, signé par la politologue Asma Mhalla, multiplie les déclarations tonitruantes et entraine le lecteur dans un maelstrom de concepts insaisissables. À l’inverse, le livre d’Anne Alombert, philosophe, et Gaël Giraud, économiste, se démarque par un souci de clarté couplé à une intelligence du détail. Les auteurs parviennent à rendre compte d’un objet polymorphe, le numérique, en le replaçant dans son contexte économique et idéologique, et partitionnent habilement leur argument entre diagnostics généraux et démonstrations précises, souvent inédites même pour le lecteur averti. Parmi les nombreuses qualités de l’essai, notons la filiation transparente avec une solide tradition de pensée, où l’on rencontre notamment André Gorz, Bernard Stiegler et Jacques Derrida, auquel le titre rend hommage[1], qui intègre l’ouvrage dans une réflexion progressive et invite le lecteur à prendre le train en marche.

Tout l’enjeu du texte est de dépasser le conflit entre, d’une part, celles et ceux qui estiment que le développement technologique est un fait unilatéral dont il s’agit d’espérer des gains de productivité et, d’autre part, les détracteurs du « technoféodalisme » qui ne voient dans les plateformes numériques qu’un énième avatar de la domination, à rejeter en bloc. Au-delà de ces impasses, il s’agit de formuler une critique capable de « mettre l’économie et le numérique au service de l’avenir ».

Le propos se structure en trois temps. Nous sommes d’abord invités à comprendre le numérique comme un dispositif qui se déploie, à l’heure actuelle, dans un contexte de « capitalisation », soit l’opération par laquelle toute entité se retrouve réduite à un stock envisagé selon les bénéfices que son exploitation pourrait engendrer. Au sein de ce paradigme surgit désormais la possibilité de saisir les êtres humains comme des « stocks de données » auxquels appliquer des calculs statistiques mis au service de la recommandation automatique de produits consommables. Le temps d’utilisation des objets connectés devient alors convertible en une marchandise dont raffolent les entreprises publicitaires : des probabilités de comportement.

Le livre explore ensuite les conséquences d’une telle capitalisation numérique au-delà de l’économie de l’attention. Réduisant le savoir à des flux de données, les plateformes hégémoniques « prolétarisent » les personnes en les dépossédant de leurs savoir-faire et savoir-penser. Le travail risque de devenir une suite de tâches basiques dont la finalité n’est plus de produire consciemment un bien ou un service, mais d’entraîner les larges modèles de langage qui sont au cœur des mécaniques qu’on nomme, à tort, « intelligence artificielle ». Or, là où l’on prétend remplacer une pratique par un logiciel, comme c’est le cas lorsqu’on confie à une IA le choix de rendre un jugement sur une peine, on empêche l’être humain de faire advenir l’inédit grâce à sa propre capacité d’interprétation. Le monde se retrouve alors glacé dans les logiques et biais dominants au détriment de l’initiative politique, dont l’objet est justement la contradiction.

À l’aune de cette analyse, enfin, il devient possible de penser un modèle alternatif : une économie des communs et de la contribution, au sein de laquelle les technologies numériques servent l’intelligence collective. La technique décentralisée du peer to peer (P2P), plébiscitée par l’activiste belge Michel Bauwens, qui repose sur le partage d’information entre contributeurs libres, en annonce déjà la forme.

En trois mouvements conceptuels – capitalisation, prolétarisation, contribution – les auteurs parviennent à montrer que le(s) numérique(s) se situe(nt) à l’intersection de projets de société antagonistes, qui sous-tendent différents fondamentaux anthropologiques. On se réjouira de voir détaillées des propositions sans doute peu connues du public, comme l’éclairante théorie de la contribution de Lloyd Shapley, qui élargissent un débat marqué par une tendance à la répétition. On s’étonnera toutefois de la volonté finale de dépasser le clivage entre socialisme et libéralisme par l’intermédiaire d’un débat autour des techniques posées comme commun. Est-ce une énième tentative de vouloir contourner le problème politique des intérêts rivaux – par exemple entre Microsoft et les citoyens européens – au profit d’une discussion éthique sur le bon usage des technologies ? Puisque là n’est évidemment pas l’intention des auteurs, un tel étonnement ne fait que stimuler l’envie de poursuivre la conversation.

Jean-Baptiste Ghins


NOTES :

[1] Le philosophe français a conduit un séminaire intitulé L’animal que donc je suis, publié sous forme de livre en 2006.

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