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  4. Les communautés font-elles société ?
  • En Question n° 153
  • en bref
  • 17 juin 2025

Les communautés font-elles société ?

9 min 9

Nos sociétés contemporaines occidentales valorisent le plus souvent le développement personnel, la propriété privée, le profit, la consommation et la performance, au détriment du soin, de la lenteur, du lien, du partage et du bien commun. Sur ce désert social, des courants identitaires, nationalistes, fondamentalistes et autoritaires prospèrent, en se nourrissant notamment du manque de repères et d’interactions d’un nombre croissant de personnes.

D’autre part, l’idée de communauté n’a plus vraiment le vent en poupe, y compris dans le camp progressiste. Elle suscite souvent la méfiance, perçue comme un frein à l’émancipation ou un risque de repli – bref, comme un caillou dans la chaussure d’une société qui se veut démocratique et éclairée. Et pourtant, en prenant au sérieux les besoins d’appartenance et de relation de l’être humain, des formes (nouvelles ou renouvelées) de communauté se développent, au service d’une société plus juste, écologique et solidaire.

Dans les pages qui précèdent, nous avons vu que les communautés peuvent être des lieux de repli, d’enfermement, d’exclusion, d’aliénation, voire de violence… mais aussi – et surtout – des espaces de recul, de ralentissement, de recentrement, de ressourcement, de (re)construction, de transmission et d’espérance. À l’issue de ce dossier, nous proposons six clés pour (re)fonder des communautés qui ne s’opposent pas à la société démocratique, mais se mettent à son service, en quête de bien commun.

1.Diversité

La diversité n’est pas seulement un fait, elle est une richesse constitutive de nos sociétés contemporaines. L’être humain lui-même est traversé par des appartenances multiples qu’il serait vain de nier ou de vouloir réduire à une identité unique. La Belgique, et particulièrement Bruxelles, deuxième capitale la plus cosmopolite du monde, en offre une illustration vivante. « Fragments de peuples issus de cultures et de nations diverses, ces Bruxellois et Bruxelloises contribuent à l’équilibre démographique de la population et alimentent son dynamisme économique, politique et culturel », souligne Alexandre Ansay. Pour qu’une communauté puisse contribuer au bien commun, elle doit chérir la diversité en son sein. À défaut, elle risque de glisser vers un entre-soi stérile ou un repli identitaire dangereux. « Ce mélange, où chacun se trouve au même niveau, n’est pas toujours simple à vivre. Mais il est source d’imprévus et de joies inespérées », témoigne Benoît Hissette, à propos de la communauté de la Poudrière. Dans cet esprit, Mari Sol Pérez Guevara décrit ainsi l’engagement de Dialogue et Diversité : « une communauté de femmes qui partagent le désir et l’engagement pour un monde et une ville dans lesquels nous pouvons toutes et tous vivre ensemble ».

2.Ouverture

Le danger du repli sur soi ne concerne pas uniquement certains groupes qu’on aime stigmatiser. Il nous guette tous, quelles que soient nos appartenances, comme le rappelle Henri Goldman. Face à cela, l’ouverture est un acte exigeant, souvent inconfortable, mais essentiel. L’expérience de la rencontre entre les jeunes du collectif Tutti Frutti et les sœurs du monastère de Brialmont en est une illustration inspirante. Ce sont deux mondes a priori éloignés – jeunes non-croyants et religieuses contemplatives – qui ont choisi de s’allier au sein d’une hospitalité mutuelle pour un projet commun. Dans un contexte de crises, les moniales ont ouvert leurs portes à ces jeunes en quête de sens et d’engagement, acceptant d’être bousculées dans leurs habitudes. « L’arrivée du collectif a enrichi notre vie communautaire ; elle nous évite de nous replier sur notre peau de chagrin », confie Mère Marie-Pascale. Et Sœur Colette d’ajouter : « Certaines sœurs ont été dérangées […] mais le mouvement crée la vie. Sans cela, nous aurions pu nous replier dans notre cocon ». De leur côté, les membres de Tutti Frutti, bien qu’extérieurs au monde religieux, ont été interpellés par l’encyclique Laudato si’ du pape François et ont frappé à la porte de communautés monastiques. « Nous nous sommes lancés dans un pari complètement inédit, sans aucune garantie d’avenir », témoigne Olivier Struelens. La communauté de la Poudrière est, elle aussi, née d’un acte d’ouverture : l’interpellation d’une personne sans-abri. Depuis, elle cultive l’ouverture à la diversité et au pluralisme, malgré les difficultés qu’un tel engagement suppose, comme le souligne Benoît Hissette.

3.Rencontre

L’ouverture est une étape nécessaire, mais elle ne suffit pas. Pour éviter à la fois l’angélisme et le déclinisme, Alexandre Ansay nous invite à la pratique interculturelle, entendue comme la rencontre de l’autre « dans tout ce qu’il a de concret, […] dont l’altérité nous met mal à l’aise, nous ‘perturbe’ et dont nous pensons qu’il est possible de faire l’économie ». Radouane Attiya souligne l’importance de créer des « espaces de médiation qui permettent d’aller du singulier au commun », pour éviter « l’enfermement identitaire ». De son côté, Daniel Menschaert rappelle qu’il est possible de « rassembler tout en gardant nos convictions respectives », à condition d’aller « sur les terrains où nous partageons des enjeux communs ». À Brialmont, la relation entre les sœurs et les jeunes illustre cette rencontre vécue dans le concret du quotidien. « On dépasse la logique du ‘donnant-donnant’ », explique Olivier Struelens. « Je sens [une] sollicitude mutuelle, d’un côté dans l’âge et de l’autre dans la jeunesse. Cela crée une relation fondée sur la confiance, la solidarité, l’amitié ».

4.Partage

Dans les Actes des Apôtres (2, 42-47), il est dit des premiers chrétiens qu’ils « vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun ». Cette radicalité du partage inspire encore aujourd’hui certaines formes de vie communautaire. Selon Timothée de Rauglaudre, « cette centralité de la vie en commun dans les traditions monastiques est devenue plus que jamais subversive à l’ère de la modernité capitaliste, qui repose sur la fiction d’un individu souverain et sans attaches ». Pour Thomas Merton (La Paix monastique, p. 35) : « Bien que le moine lui-même ne possède rien, le fruit de son travail permet au monastère de faire l’aumône et de nourrir les pauvres. Bien que le moine, individuellement, ne pratique pas l’hospitalité, le monastère le fait, et partage avec les déshérités les produits du travail de tous ». À Brialmont, les moniales cisterciennes s’inscrivent évidemment dans cette tradition séculaire. Mais elle résonne aussi, sous d’autres formes, chez le collectif Tutti Frutti, dont la vie communautaire repose sur le partage : des repas, du travail, des projets, des moyens et des discussions. « On ne vit pas seulement côte-à-côte, on travaille ensemble, on porte des projets ensemble, on s’entraide, on partage les moyens financiers, on veut réduire les inégalités… », témoigne Olivier Struelens.

5.Délibération

« Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêts, et qui se fixe comme modalité d’associer à parts égales chaque citoyen dans l’expression, l’analyse, la délibération et l’arbitrage de ces contradictions ». Cette définition lumineuse de Paul Ricœur (L’idéologie et l’utopie, 1997) vaut également pour les communautés. Sans espace d’expression, de délibération et de décision collective, une communauté risque de basculer vers des formes de fondamentalisme, d’autoritarisme, voire de totalitarisme. Radouane Attiya rappelle combien cette exigence est cruciale : « C’est le pendant d’une société démocratique : pouvoir entendre les discours qui fâchent. Car si on veut brider ou édulcorer nos discours, on crée une société hypocrite qui laisse émerger des extrêmes qu’on ne pourra pas contrôler ». Comme le souligne Vincent Lefebve, « la pratique démocratique vise précisément à définir continûment ce qui nous constitue en tant que communauté, cette dernière étant à la fois le cœur et le point aveugle de la vie politique ».

6.Transmission

Un écueil courant des nouveaux collectifs ou communautés est d’ignorer, consciemment ou non, la mémoire de formes de vie passées, dont ils pourraient pourtant s’inspirer et poursuivre leurs intuitions et leurs transformations. À Brialmont, les membres du collectif Tutti Frutti revendiquent pleinement cet ancrage. Ils s’inspirent volontiers de « l’héritage des sœurs » pour expérimenter d’autres formes de vie, afin de « répondre à des aspirations écologiques, spirituelles, collectives et humaines ». Radouane Attiya l’analyse ainsi : « Une appartenance saine à la communauté, c’est de savoir s’enraciner dans un monde en changement ». Et d’ajouter : « Les traditions spirituelles peuvent jouer un rôle positif en jetant des ponts d’abord entre elles et en explorant aussi les nouveaux défis qui sont titanesques ». C’est aussi la vision d’Alexandre Ansay, pour qui les communautés sont « des êtres collectifs au centre desquels figure le déploiement d’une transmission ». Transmettre, c’est permettre à chacune et chacun de devenir une personne « héritière », « fixée », capable de « s’en aller à travers le monde, embrasser des appartenances multiples, devenir membre d’un parti politique, d’un collectif d’artistes ou d’habitants, faire partie d’un réseau de personnes passionnées par les élastiques, devenir citoyen d’un nouvel État » ; bref de se mettre au service de la société démocratique, en quête de sens et de bien commun.

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